Boîtier reflex ou hybride ?

Le choix du boîtier repose sur plusieurs paramètres, largement liés aux avancées technologiques récentes.

Le reflex garde un avantage indéniable : un immense marché de l'occasion, avec des boîtiers pro disponibles à des prix bien inférieurs à un hybride neuf équivalent.

Mais l'hybride a pris une large avance technologique. Le viseur électronique, qui permet de zoomer directement dans l'image, offre une précision de mise au point bien supérieure à un viseur optique. L'autofocus est extrêmement réactif, et en combinant la touche AF-ON (back-focus) avec un ajustement manuel final, on obtient un taux de réussite nettement supérieur. La stabilisation du boîtier et la compensation de luminosité en basse lumière (visible directement dans le viseur électronique) sont aussi de vrais atouts.

Autre fonctionnalité intéressante propre aux hybrides récents : le focus bracketing, qui permet de réaliser des stackings de mise au point de façon semi-automatique. Une fonction précieuse — mais qui n'est pas exploitable avec un flash sur tous les capteurs (voir point 3).

Le format du capteur

Il existe quatre grandes familles de capteurs : plein format, moyen format, APS-C et Micro 4/3.

Le moyen format, souvent très coûteux, n'est généralement pas destiné à la macro, faute d'objectifs dédiés.

Pour les trois autres formats, il faut garder en tête que la focale d'un objectif est habituellement exprimée par rapport à un capteur plein format — et que le grandissement obtenu à focale identique change avec la taille du capteur :

  • 100mm sur plein format = 100mm
  • 100mm sur APS-C ≈ 150 à 160mm équivalent
  • 100mm sur Micro 4/3 = 200mm équivalent

Autrement dit, pour obtenir le même cadrage à focale identique, il faut se positionner environ 1,5 à 1,6 fois plus loin en APS-C qu'en plein format, et jusqu'à 2 fois plus loin en Micro 4/3. Or, l'une des règles pour obtenir une belle diffusion avec un diffuseur adapté est justement la proximité avec le sujet — c'est donc un paramètre à prendre en compte dans le choix du format.

On détaillera cette règle de proximité — et les autres paramètres clés d'une bonne diffusion (taille du diffuseur, matière du panneau) — dans un prochain article dédié à l'utilisation du diffuseur.

Le type de capteur

Sur les boîtiers hybrides, une technologie s'impose progressivement : le capteur empilé (stacked sensor). Son principal avantage pour la macro : il rend enfin possible l'utilisation du flash avec la fonction de bracketing de mise au point du boîtier — un vrai atout pour réaliser du focus stacking efficacement sur le terrain.

Malheureusement, tous les boîtiers n'offrent pas ce confort, et ceux qui le proposent sont généralement plus chers. Quelques exemples de boîtiers à capteur empilé compatibles flash + focus bracketing : le Canon EOS R5 Mark II, R3 et R1, ou l'OM System OM-1 / OM-1 Mark II, qui met justement en avant le focus stacking au flash avec diffuseur dans sa propre documentation. Le Sony a9 III va encore plus loin avec son capteur à obturation globale (global shutter), qui supprime purement et simplement la limite de vitesse de synchronisation flash.

Voir l'article Focus stacking — le bracketing auto/assisté pour le détail de cette compatibilité, boîtier par boîtier.

En résumé

Le choix d'un boîtier pour la macro avec diffuseur se joue sur trois axes : reflex ou hybride (marché de l'occasion contre précision de mise au point et autofocus), format de capteur (plein format, APS-C ou Micro 4/3 — sachant qu'un capteur plus petit impose de se tenir plus loin du sujet à focale égale, au détriment de la diffusion), et type de capteur (les capteurs empilés, voire à obturation globale, qui seuls permettent d'associer flash et focus bracketing). Un boîtier à capteur empilé reste un investissement plus coûteux, mais c'est aujourd'hui la seule voie pour du focus stacking efficace au flash sur le terrain.